Frederic Houvert

Artiste plasticien


Si les médiums varient chez Frédéric Houvert (peinture, sculpture, photographie et dessin), l’ornement, lui, reste l’élément central de sa pratique artistique.Les motifs, toujours d’origine végétale, nous rappellent la relation intrinsèque des arts décoratifs et des Beaux-Arts au cours de l'histoire. Synonymes d’ordre et de perfection de l’antiquité à la renaissance, révélateur de la maitrise des matériaux et de la technique de l’artiste, les ornements se plient à une organisation rigide. Si chez Frédéric Houvert la puissance esthétisante des motifs est toujours bien présente, la rigueur de la composition quant à elle a laissé place à un agencement à la dynamique complexe. L’ordre premier est effacé révélant alors un chaos apparent, tirant ainsi le dessin vers l’abstraction. Feuilles et fleurs se dissolvent à travers la superposition des motifs et leur matérialité même est remise en question. Cette dernière semble d’ailleurs se désagréger sur la toile. La douceur des couleurs pastelles prenant place en arrière-plan, entraine ses œuvres vers un sentiment d’intemporalité. Modernité et tradition s’étreignent par le biais du traitement des motifs, qui ne sont pas sans rappeler ceux des intérieurs bourgeois dont le faste premier se trouve quelque peu décati. Pour l’historien d’art Aloïs Riegl, l’ornement n’est pas un simple accessoire que l’on peut réduire à sa forme élémentaire. Il n’est rendu possible dans sa création que par « la volonté d’art » (Kunstwollen), en transcendant la réalité par l’acte artistique. C’est dans ce sens que doit être perçu le travail de Frédéric Houvert, comme une manipulation perpétuelle de la réalité à travers la figure des motifs, permettant ainsi l’ouverture à d’autres formes d’existence : celles de l’esprit.

Clothilde Morette 

à l'ocasion de l'exposition "Mise en demeure" à Interface

Sources :
Textes d’Aloïs Riegl parus en français
Grammaire historique des arts plastiques : volonté artistique et vision du monde, Klincksieck, 1978.
Questions de style, Hazan, 1992.
Guillaume Désanges et Thomas Golsenne
Prisonniers du Soleil. La part maudite de la modernité
Entretien Guillaume Désanges / Thomas Golsenne,
juin-octobre 2012
Royaume de l’artifice, Guillaume Désanges

 

http://www.frederichouvert.com